A LA UNE GS Trophy 2018
Mon expérience de marshall au GS Trophy

Marshall au GS Trophy c’est : 43 motos relevées, 52 motos poussées, 14 motos conduites, 25 litres d’essence d’utilisés, 5 litres d’eau bus, 3 nuits sous tente, mais plus que des chiffres, une expérience.

Aux Trail Adventure Days, Sébastien Saphores, l’un des vainqueurs des qualifications du GS Trophy en Thaïlande et aujourd’hui responsable des qualifications françaises, me propose d’être marshall. Le vendredi suivant, je suis au Château de Lastours pour la première manche qualificative du GS Trophy France.

GS TROPHY 2018Arrivé, tout va très vite, Julien (finaliste du GS Trophy Thaïlande), et Claude, instructeur moto et quad au Château, n’attendent plus que moi. J’enfile mon équipement, je signe un contrat de prêt que je ne lis pas pour récupérer MA GS Rallye ! Nous partons reconnaître les parcours du lendemain. Je n’ai jamais fait plus de quelques mètres à son guidon, ni roulé avec des motards aussi talentueux. Nous arrivons dans une descente caillouteuse trop technique pour moi, avec une moto que je ne connais pas, en plus, et je roule plus vite qu’à mon habitude (là, je cherche une excuse !). Résultat, je freine de l’avant et couche la GS à gauche ; vexé, je la relève pour la poser à droite 10 mètres plus loin ! Cela me servira de leçon et je ne chuterai plus du week-end…

Nous divisons les épreuves en trois zones : une extérieure, et deux sur les 900 hectares du château. Oui, 900 hectares, c’est dire le terrain de jeux, avec 100 km de pistes… Le soir nous mangeons avec les compétiteurs ; j’en connais beaucoup, l’ambiance est très conviviale. Des concurrents viennent chercher des infos pour le lendemain : par où faut il commencer ? Les spéciales 3 étoiles sont-elles vraiment dures ? Que penses-tu du gonflage de mes pneus, je devrais passer à 1,6 à l’avant ? Je ne suis pas d’une grande utilité ! Je me couche dans ma tente, ravi, et en même temps me demandant si je suis à la hauteur des attentes de Sébastien.

A 6H du matin, un rock nous réveille ; c’est la façon « made in GS Trophy » de faire savoir que la journée a commencé. Julien n’est pas bien : il a chuté hier, son épaule le fait souffrir. Il grimace et attendra de voir le médecin pour tenir. Aujourd’hui, je suis sur le domaine du château. 7H30 : Sébastien fait son briefing avec les compétiteurs, puis nous emmenons les concurrents à la ligne de départ située  sur un circuit en terre pour voitures. A l’heure du départ, ils s’élancent dans la poussière. Je laisse les quelque 120 concurrents aller sur un des 23 ateliers. Il y en a de toutes sortes :

–        Maniabilité, comme l’épreuve qui consiste à récupérer des bouteilles et les mettre dans une caisse, à moto sans poser de pied au sol. Ce n’est pas simple ! Trois bouteilles doivent être prises de la main gauche et les trois autres de la droite !
–        Un parcours de trial est installé : de nombreux participants vont avoir du mal à passer la première montée sans chuter…
–        Des parcours d’endurance longs de 5 à 12 km sont tuants.
–        Un parcours en équipe est obligatoire pour jouer la gagne.

30 minutes après le départ, je suis appelé pour ma première mission : Un motard est en difficulté entre l’atelier Oasis et le plateau des éoliennes. Dans une montée caillouteuse, Sophie, sur sa 1200 GS ADV dernière génération, a du mal à redémarrer. Je cale ma moto dans la montée et pousse celle de Sophie : ce ne sera pas suffisant, elle est fatiguée et d’autres concurrents attendent pour pouvoir passer. Je prends sa monture et la dépose quelques mètres plus haut sur le plat. Je reprends ma GS et rejoins Sophie. Je lui propose de faire la suite de la montée ensemble ; la suite du parcours est plus technique. Je finis donc par conduire sa moto, avec elle en passagère. Nous nous arrêtons en chemin pour aider d’autres motards en perdition !

GS Trophy 2018Je dépose Sophie en haut pour redescendre à pied en risquant de perdre l’équilibre dans les cailloux qui roulent sous mes bottes. Je n’atteindrai pas ma moto sans relever, pousser, ou même monter des motos. J’aime ce sentiment d’utilité, trouver mes marques rapidement avec des motos très différentes.

Mon téléphone sonne, j’ai un message de Seb : « Je viens de trouver ta moto en pleine nature ! Où es tu ? As-tu un souci ? » Le manque de réseau m’empêche de le rappeler. Je continue à marcher sur plus d’un kilomètre afin de récupérer la moto. Au milieu du parcours, Seb arrive. Je fais mon rapport sur la matinée.

Lui m’explique que le motard en difficulté entre Oasis et les Eoliennes n’était pas Sophie, mais un concurrent qui avait continué tout droit, sur une piste interdite à la circulation, et qu’il avait même ouvert des barrières pour passer ! Le gros des participants n’est maintenant plus sur mon secteur.

Je discute avec les bénévoles sur les épreuves. L’ambiance est agréable et détendue. Je fais les parcours afin de vérifier la rubalise.

En descendant vers le village, je passe devant un atelier de maniabilité : il faut faire passer entre des cônes un chariot à roulettes rempli de caisses de vins, en le tirant à l’aide d’une corde reliée à un harnais, puis faire demi tour pour revenir, sans jamais poser pied à terre ! Un concurrent, trop pressé, a cassé une des roues du chariot contre un trottoir. Ma mission : trouver une solution afin que cela ne se reproduise pas. La mise en place de vieux pneus est la solution idéale…

GS Trophy 2018

La piste des éoliennes

Je mange avec les marshalls. Nous échangeons sur nos expériences du matin et c’est parti pour l’après-midi ! Je roule pour vérifier les rubalises et ne rencontre aucune difficulté. C’est bien, car le matin a été physique ! Le plaisir est là : je roule avec une moto parfaite dans un cadre magnifique sans chercher à faire un chrono, juste rouler propre. J’ai toujours en tête mes deux chutes de la veille.

En fin de journée, je récupère les feuilles de passage sur la spéciale Rallye de Laurède, pour les remettre à l’organisation afin qu’elle fasse le décompte des points. BMW a prévu des animations. La plus attendue est la démonstration de VTT trial de Tom Barrer, avec un backflip au-dessus de 4 personnes !

La publication du classement provisoire donne lieu à des spéculations pour le résultat final. Apres le repas, je rejoins le groupe des bénévoles : nous parlons moto, épreuves de la journée de demain. Je sais que je dois me coucher rapidement pour être en forme, mais je ne peux me résoudre à quitter ce groupe. Ils sont l’âme du GS Trophy, toujours souriant.

Mon statut de marshall donne l’impression que je roule très bien, on me demande des conseils. Je réponds lorsque ce n’est pas trop technique, toujours en précisant que je ne suis pas un pro. Mais je vois bien dans le regard de mes interlocuteurs qu’ils prennent cela pour de la modestie! C’est finalement 5 heures avant de me lever que je finis par aller me coucher !

Le dimanche commence difficilement : je n’aurais pas dû me coucher si tard, mais le plaisir et les obligations de marshall me sortent du lit. La journée ressemble beaucoup à celle de la veille. Lors de mon passage sur l’atelier Oasis, l’épreuve collective, il manque un concurrent. Je prends sa place.

Nous sommes quatre. Il y a trois épreuves. Pour la première, nous faisons un parcours à pied avec un tonneau. La deuxième épreuve est faite avec une moto contact coupé. Le pilote, son passager et deux pousseurs ; je suis pousseur. Nous passons sous des arbres, le passager accroche des cerceaux à des clous en hauteur et les enlève au retour. La troisième épreuve consiste à passer la moto sur des pneus, un tas de pierres, de sable et enfin de bois, nous poussons fort ! L’épreuve est faite rapidement. Je retrouve le plaisir que j’ai eu lors de mes participations précédentes.

L’après-midi, je suis à l’extérieur du domaine. Je découvre avec enthousiasme la spéciale Enduroland, c’est pour moi la plus belle. Elle est composée de buttes, virages relevés, compressions…Je ne résiste pas et roule dessus, toujours avec beaucoup de prudence, mais quel plaisir. Je quitte à regret ce terrain de jeu pour revenir au château.

Le reste de l’après-midi est réservé à la finale. Je rentrerai le lundi en rêvant de revenir l’année prochaine pour une nouvelle mission.

Merci à BMW, aux bénévoles et tous ceux qui ont fait de ce week-end un moment de plaisirs.

 

A propos de l'auteur

Journaliste, essayeur

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