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Russie : tout près du cercle polaire arctique

Bien que les frontières soient des lignes arbitrairement tracées par l’homme, en les traversant, on a parfois l’impression d’ouvrir une porte sur un monde parallèle. c’est particulièrement vrai lorsqu’on entre en Russie par la ville norvégienne de Kirkenes… 
 
 
Ce voyage a déjà débuté il y a une semaine à Göteborg, en Suède, où j’étais venu récupérer ma moto stockée ici après mon dernier périple en Russie. J’avais dans l’idée de monter au Cap Nord et d’emprunter un max de pistes, mais j’ai vite déchanté à cause de la météo exécrable. J’ai fini par foncer par la route principale qui est d’une rare monotonie. Je longe ensuite la côte en direction de la frontière russe où j’ai rendez-vous avec Jukka, un copain finlandais. Pour lui, c’est presque la porte à côté, mais il n’y a encore jamais mis les pieds, principalement à cause de la langue.
 

Nikel, c’est pas nickel !

 
Bordée de collines sans végétation, Nikel, la première ville après la frontière, se situe littéralement au fond d’un trou. Les cheminées de l’immense fonderie de nickel ont craché sans relâche des métaux lourds et du dioxyde de soufre du début des années 40 jusqu’en décembre 2020, quand le gouvernement russe a décidé d’éteindre les fours pour de bon.

 
Ici, tout est noir, déglingué, cassé et respire la tristesse. Un buste de Lénine trône à l’entrée de la ville, au milieu de bâtiments en ruine. Ironiquement, lui est d’un blanc immaculé… Même ambiance du côté de notre hôtel, pur souvenir de l’ère soviétique. Les tapisseries à motifs kitsch, le mobilier en bois foncé qui tombe en ruine, l’odeur de renfermé, la moitié des ampoules grillées, le papier toilette recyclé gris non prédécoupé, les robinets avec l’eau chaude et froide inversés, sans oublier l’antipathique réceptionniste.
 
Cerise sur le gâteau, on n’a plus d’eau chaude pour la douche et le restaurant est fermé ! J’ai vraiment l’impression que le “vrai” voyage commence aujourd’hui. Le lendemain matin, nous partons en direction du Kola Super Deep Borehole, un projet scientifique de forage datant de l’URSS. En 1989, la profondeur record de 12 262 m est atteinte et c’est encore aujourd’hui le forage le plus profond percé par l’homme. Il est à l’abandon depuis 1995, raison de plus pour aller le visiter ! Après quelques kilomètres de pistes défoncées, on se retrouve face à une barrière gardée par un vigile. Quelques mots suffisent à le convaincre de nous laisser passer, sans bakchich.
 

 

Retrouvez plus d’informations sur le voyage en Russie dans le magazine Voyages à Moto n°11

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